Mythe ou réalité ?

Fait historique ou création littéraire, la république est toujours située quelque part au nord de Madagascar entre l’île de Nosy Be et la baie des pirates, qui allait devenir Diégo-Suarez (ou Antsiranana). À ce jour, aucune preuve historique n’atteste qu’un tel endroit ait jamais existé ou même que ses deux fondateurs, le capitaine Misson et le moine Carracioli, aient jamais vécu. En revanche, le troisième protagoniste cité, le capitaine Thomas Tew, est lui, bel et bien mentionné en tant que tel dans les livres de la Marine britannique.

cité des pirates

En effet, excepté Tew dont le décès est signalé en 1696, les seules mentions se rapportant à la colonie se trouvent dans le deuxième tome de Histoire générale des plus fameux pirates d’un certain capitaine Charles Johnson, paru en 17242. Johnson étant autrement inconnu, plusieurs historiens ont supposé qu’il s’agit d’un pseudonyme. L’attribution de cette œuvre à l’auteur de Robinson Crusoe est basée sur une suite de déductions logiques et non des preuves. Si les historiens s’accordent à dire que des colonies de pirates ont peut-être existé à l’époque dans l’océan indien, il est en revanche peu probable que ces colonies se soient organisées en une sorte d’Etat régi par des lois comme le serait Libertalia. D’après Johnson, ou Defoe, Libertalia fut fondée sous Louis XIV par deux hommes en rupture de ban :

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un Français, capitaine de La Victoire, redoutable navire de guerre de 30 canons, ex-officier de la marine française, mais pirate de son état, Olivier Misson, pétri d’utopies ;un prêtre défroqué italien, Carracioli, imprégné de mysticisme.
À eux deux, après avoir jeté l’ancre, ils convainquirent l’équipage de fonder la société idéale. Selon certains auteurs, cette colonie aurait été bien plus qu’un simple asile pour pirates et flibustiers : c’était une véritable utopie politique, sociale et philosophique, l’équivalent moderne de l’Atlantide ou de l’Eldorado, et le précurseur des phalanstères du XIXe siècle. (Dans la sociologie utopique de Charles Fourier la Phalange est une communauté d’individus mettant en commun leurs compétences et leur travail pour le profit de tous. La Phalange se compose de 1 620 personnes, avec une stricte parité des sexes soit 810 hommes et 810 femmes, vivant en harmonie dans un lieu de travail et d’habitation appelé phalanstère.Le mot de « phalange » proposé par Fourier pour désigner ce groupe humain renvoie à l’idée d’un corps d’armée d’élite, la Phalange.)

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